L’une des interventions les plus courantes pour contrôler la douleur pendant le travail et l’accouchement est la péridurale. Il circule de nombreuses informations à son sujet : certaines sont de véritables mythes, d’autres des faits avérés. Concrètement, la péridurale est un minuscule tube en plastique qui, à l’instar d’une perfusion, administre des médicaments directement dans votre corps. Mais au lieu de passer par une veine, ces agents anesthésiants locaux sont diffusés au niveau de votre colonne vertébrale.
De nombreuses interventions sont à prendre en compte lors de la définition de vos préférences pour le jour J. Pour vivre une expérience positive, il est essentiel de choisir une équipe médicale de confiance et de vous informer sur les options disponibles, notamment en envisageant un accouchement avec ou sans péridurale. Démêler le vrai du faux vous aidera à prendre la meilleure décision pour vous.
Ce qu’il faut retenir
- La péridurale est un choix personnel et nécessite toujours votre consentement.
- Elle ne ralentit pas de manière significative la durée globale du travail.
- Il existe des alternatives pour gérer la douleur si vous ne pouvez ou ne souhaitez pas y avoir recours.
10 mythes et réalités sur la péridurale
Voici 10 mythes très répandus sur la péridurale, confrontés à la réalité médicale :
1. Mythe : Tout le monde a recours à la péridurale
La péridurale semble aujourd’hui être la norme. Lorsqu’une femme annonce vouloir accoucher sans, elle reçoit parfois des regards étonnés ou des commentaires décourageants. S’il est vrai qu’une grande proportion de femmes y a recours (les statistiques de 2022 montrent par exemple que 60 % des Américaines la demandent), cela est loin de concerner tout le monde.
Ces chiffres ne doivent en aucun cas vous contraindre. Ce que choisissent les autres femmes n’impacte pas votre propre accouchement. La péridurale n’est pas obligatoire et nécessite toujours votre demande et votre consentement.
2. Mythe : La péridurale supprime totalement la douleur
Bien que la péridurale offre un excellent soulagement, elle ne garantit pas de faire disparaître absolument toute la douleur des contractions. Dans environ 5 % des cas, elle peut être asymétrique (ne fonctionner que d’un côté) ou inefficace. Souvent, l’anesthésiste peut l’ajuster sans avoir à tout recommencer.
Si le soulagement n’est pas suffisant, la dose peut être modifiée. On vous confie souvent une pompe vous permettant de vous administrer un nombre limité de doses supplémentaires. De plus, il n’est généralement pas souhaitable d’être totalement engourdie : ressentir la pression des contractions, surtout à la fin du travail, vous aide à savoir quand pousser.
3. Mythe : Vous êtes obligée de rester sur le dos
Vos jambes étant engourdies, il est certes plus difficile de changer de position. Cependant, avec une bonne équipe médicale (partenaire, sage-femme, doula), d’autres postures sont possibles. Vous pouvez utiliser des coussins ou un ballon cacahuète pour vous maintenir confortablement sur le côté, par exemple.
4. Mythe : La péridurale ralentit le travail
Le débat est fréquent, mais les études montrent que la péridurale ne prolonge pas de manière significative la durée globale du travail. Elle n’augmente pas non plus le risque d’un accouchement assisté (forceps ou ventouse) ni celui d’une césarienne. En revanche, elle peut légèrement allonger la phase de poussée, de 30 à 50 minutes en moyenne dans certains cas.
5. Mythe : Son effet finit par se dissiper
La péridurale dure aussi longtemps que nécessaire car elle est reliée à une pompe qui délivre le médicament en continu. La dose peut être ajustée, et la pompe n’est généralement éteinte (et le cathéter retiré) qu’après l’accouchement. L’effet ne se dissipe que lorsque la perfusion est arrêtée.
Le conseil préparation
6. Mythe : Il y a un moment précis pour la demander
Puisqu’elle dure le temps nécessaire, il est rarement trop tôt pour la demander une fois que votre travail est actif et que vous êtes admise en salle de naissance. En revanche, si le travail est très avancé, il peut être trop tard à cause du temps de préparation nécessaire. Il faut également être capable de rester immobile pendant la pose. Toutefois, si vous le souhaitez vraiment et que vous pouvez rester immobile, vous avez le droit de la demander, même à 9 centimètres de dilatation, bien que le personnel puisse vous en dissuader si la poussée est imminente.
7. Mythe : Tout le monde peut en bénéficier
La majorité des femmes peuvent recevoir une péridurale. Néanmoins, certains problèmes de dos, des chirurgies antérieures de la colonne vertébrale, ou encore des troubles de la coagulation peuvent constituer des contre-indications. Il est primordial d’en discuter avec votre médecin.
8. Mythe : Il n’y a pas d’autres alternatives
Bien que ce soit la méthode la plus courante, d’autres solutions existent : analgésiques opioïdes, anesthésiques locaux, protoxyde d’azote (gaz hilarant), techniques de respiration ou massages. Une revue systématique a d’ailleurs conclu que la péridurale offrait un meilleur soulagement que les opioïdes, mais ces alternatives peuvent suffire à vous accorder une pause bien méritée.
9. Mythe : Elle agit immédiatement
Après en avoir fait la demande, il faut le temps que l’anesthésiste arrive et prépare son matériel stérile. Une fois l’équipe prête, l’insertion est rapide. La plupart des femmes rapportent que la piqûre d’anesthésie locale précédant la pose est le moment le plus désagréable. Ensuite, il faut compter entre 5 et 20 minutes pour que le soulagement soit effectif.
10. Mythe : Il est interdit de manger si l’on a une péridurale
De nombreux hôpitaux restreignent l’alimentation pendant le travail. S’ils l’autorisent, cela se limite souvent à des liquides clairs ou des compotes. Mais cette règle n’est pas liée à la péridurale en soi : elle est due au risque d’inhalation en cas de césarienne d’urgence sous anesthésie générale (ce qui reste rare). Grâce aux nouvelles recherches, cette règle de jeûne strict évolue doucement dans certains établissements. Discutez-en avec votre équipe médicale.
Votre accouchement, vos choix