Le lien entre la sexualité et la naissance est évident : l’un précède l’autre. Pourtant, au-delà de la conception, l’acte sexuel et l’accouchement partagent des mécanismes physiologiques et psychologiques étonnamment proches. Pour les futures mamans qui s’informent sur leur grossesse semaine par semaine, comprendre ces similitudes peut devenir une véritable clé d’empouvoirement pour le jour J.
Ce qu’il faut retenir
- Le lâcher-prise psychologique est essentiel pour l’orgasme comme pour le travail.
- L’oxytocine, l’hormone de l’amour, est le moteur principal des deux événements.
- Le cerveau « rationnel » doit se mettre en veille pour laisser le corps agir.
- La tension musculaire due à l’anxiété est le principal obstacle au bon déroulement du travail.
L’art de l’abandon et de l’engagement
Deux qualités apparemment opposées influencent à la fois le plaisir et le processus de naissance : l’abandon et l’engagement. S’abandonner est l’un des défis les plus complexes pour l’être humain moderne, habitué à tout contrôler. Pourtant, tout comme on ne peut pas forcer un orgasme, on ne peut pas totalement « diriger » un accouchement.
L’engagement consiste à accueillir les sensations physiques comme des événements passagers et curieux. En restant présente aux sensations, même les plus intenses, on parvient plus facilement à lâcher prise face à l’inconnu du travail. Cette présence est cruciale pour ne pas se laisser submerger par les sons ou les réactions incontrôlables de son propre corps.
L’anxiété : le frein biologique commun
L’anxiété est le premier inhibiteur du plaisir sexuel, car elle provoque une contraction réflexe du corps. Physiologiquement, c’est la même chose lors de l’accouchement. Lorsque nous nous « tendons » par peur, nous restreignons les schémas biologiques naturels de mouvement et d’impulsion.
L’orgasme et l’accouchement sont définis par une alternance de contraction et de relâchement musculaire. Si la musculature n’est pas assez souple pour relâcher, le processus bloque. Dans le cadre d’un accouchement avec ou sans péridurale, la gestion de cette tension est primordiale pour favoriser la descente du bébé.
Le saviez-vous ?
Quand le cerveau « débranche »
Des études scientifiques sur la physiologie de l’orgasme révèlent que certaines zones du cerveau s’activent, mais que d’autres, cruciales, s’éteignent. Le cortex préfrontal, siège du raisonnement et du contrôle comportemental, doit se mettre en veille pour permettre le relâchement total.
L’accouchement, tout comme l’orgasme, n’est pas une expérience intellectuelle. C’est un processus animal, viscéral et corporel. Plus l’activité dans les lobes temporaux diminue, plus l’expérience peut être vécue intensément. En d’autres termes, pour bien accoucher, il faut « sortir de sa tête ».
L’hormone du lien : l’oxytocine
Une grande partie du travail est effectuée pour vous par votre propre corps. Les hormones adéquates, l’oxytocine et l’adrénaline, sont libérées au moment opportun. L’oxytocine, souvent appelée « hormone de l’amour » ou du lien social, est celle qui provoque les contractions utérines lors de l’orgasme et lors de la naissance.
Apprendre à faire confiance aux signaux de son corps est une tâche immense dans notre culture du contrôle permanent. Pourtant, lorsque la douleur prend toute la place et que le plaisir disparaît totalement, il est intéressant de se demander où se situe l’obstacle émotionnel. Que ce soit pour les symptômes de fin de grossesse ou le jour de la rencontre, la confiance reste votre meilleure alliée.
« L’orgasme est un événement majeur impliquant une coordination immense entre les organes, les hormones et le cerveau. L’accouchement utilise exactement la même partition. » Recherches en neurobiologie