En tant que maman à plein temps de deux enfants en bas âge, il m’arrive souvent de me demander si ce que je fais est suffisant. Suffisant pour leur développement émotionnel, pour leur éveil, pour leur équilibre. Ma vocation quotidienne, à toute heure du jour et de la nuit, est de veiller sur mes petits. Et parfois, ce rôle vertigineux me remplit de doutes. La culpabilité maternelle s’immisce à la moindre faille, accompagnée de cette pression constante qui donne l’impression de porter le poids du monde sur ses épaules. Dans ces moments-là, nous avons toutes viscéralement besoin de savoir que nous accomplissons cette grande mission de la parentalité correctement.
Ce besoin de validation m’amène à une rencontre fortuite que je chérirai toujours. C’était une matinée d’automne ordinaire, un jour de semaine classique, juste mes bébés et moi. Nous nous étions rendus dans un musée pour enfants pour quelques heures, afin de rythmer ces journées qui peuvent si facilement se ressembler lorsqu’on doit gérer le quotidien de tout-petits. Je m’attendais à nos rires habituels, mais je ne m’attendais pas à repartir avec une confiance renouvelée en mes capacités de mère.
Les points essentiels
- La charge mentale et le doute touchent presque toutes les mères de jeunes enfants.
- La bienveillance d’un regard extérieur peut littéralement transformer notre journée.
- Nos efforts quotidiens, bien qu’invisibles, façonnent l’avenir de nos enfants.
Lettre ouverte à l’inconnu qui a vu mes efforts
À la personne au grand cœur du personnel du musée qui a pris le temps de me voir, de me parler et de me rassurer ce jour-là : ce message est pour vous. Et pour tous ceux qui, comme vous, ont un jour fait de même pour une maman épuisée.
Bonjour,
Vous ne vous souvenez peut-être pas de moi, ni de mon duo d’explorateurs de 1 et 2 ans plein d’énergie. Et bien sûr, eux ne se souviendront pas de vous. Mais moi, oui. Probablement pour très longtemps.
Le jour où nos chemins se sont croisés était une matinée typiquement chaotique de mon côté. Mes cheveux étaient coiffés à la hâte, mon uniforme quotidien de maman (le fameux duo legging et sweat) arborait probablement des taches de compote de pommes et de bave, et mes enfants étaient, eh bien… de véritables tout-petits. Nous fonctionnions tous sur des nuits hachées. Mon aîné était en pleine grève de la sieste, tandis que mon plus jeune traversait une intense phase d’angoisse de séparation. Autrement dit, le repos physique, mental et émotionnel n’était plus qu’un lointain souvenir.
Un conseil pour les mamans
Vous avez vu au-delà du chaos
Nous étions en plein dans l’âge où l’on essaie d’apprendre à partager sans vraiment y arriver, où l’on répète que les mains ne servent pas à taper. Parce que la vie avec deux jeunes enfants, bien que magnifique et merveilleuse, reste une épreuve d’endurance, surtout lorsqu’il faut traverser la fameuse crise des 2 ans. Et ce jour-là au musée n’échappait pas à la règle.
Je suis sûre que vous avez perçu notre chaos. Mais vous m’avez aussi vue, moi. Une mère. Une femme faisant simplement de son mieux. Essayant de garder un œil sur deux petits curieux prêts à s’échapper dans la pièce voisine, de prévenir les bêtises, de nettoyer derrière eux, de maintenir la paix, et de les divertir simultanément.
Dans un monde qui ignore si souvent le travail invisible et la charge écrasante que portent les mères, vous avez pris le temps de m’observer avec bienveillance. Et vous avez pris la parole.
« Vous êtes une mère formidable. » Un inconnu bienveillant
Ces mots, prononcés après que vous m’ayez gentiment aidée à canaliser mes enfants, ont été un cadeau inestimable. Vous avez salué la façon dont je leur parlais, le dialogue, le langage. Vous avez valorisé ma capacité à m’impliquer dans leur jeu, à les encourager positivement, à les guider avec douceur. Vous les avez complimentés, eux aussi. Leur énergie joyeuse, leur vocabulaire, leur chaleur humaine.
Le rappel inestimable de ma propre valeur
En faisant cela, vous m’avez rappelé que mon travail de maman a un impact réel. Que je ne fais pas que « survivre » au quotidien. Que je réussis. Et qu’ils s’épanouissent.
Plus important encore, vous m’avez fait me sentir vue. Écoutée. Valorisée. Vous m’avez rappelé que tous ces minuscules moments d’efforts quotidiens s’additionnent pour créer quelque chose de précieux et d’irremplaçable.
Je n’ai peut-être pas exprimé ma gratitude à la hauteur de ce que j’ai ressenti sur le moment. Ce type d’encouragement est une bénédiction rare, et en cette matinée ordinaire, j’en avais un besoin vital. Alors, merci. Du fond du cœur. Merci d’avoir vu ma maternité dans toute sa merveilleuse imperfection, et d’avoir choisi de m’insuffler cette force.
Partagez la bienveillance